Je suis allé voir une pièce il y a une dizaine de jours au théâtre du Palais Royal, et ce n'est pas parce que je ne vous en parle que maintenant que je vous laisserai
dire que je suis en retard. Je pratique disons...l'art du décalage !
Je tiens à préciser ici que lorsque je parle de pièce, il s'agit bien entendu de théâtre, pas de monnaie. Je précise aussi que cette pièce de Woody Allen n'était pas douce, ce n'est pas du Woody Allen de mouton. Dernière chose enfin, parce que je suis très en forme, elle n'était pas non plus mentholée : ce n'était pas de l'Allen fraîche. Voilà, c'est dit ! Vous avez exceptionnellement le droit de me jeter des tomates pourries...
Mais revenons à un peu plus de sérieux, que je plante le décor : Brooklyn dans les années 50, une mère au foyer, un père bijoutier au désespoir, essayant de redresser en vain son affaire après s'être fait arnaquer par le comptable. Et puis deux enfants : une fille instable qui erre en Europe, rêve de devenir écrivain et vole de bras en bras; un fils enfin, Eddie, qui cherche sa voie et lutte pour trouver un bonheur auquel il estime avoir droit.
Eddie est le personnage central de la pièce, il est ce puzzle incomplet ou dispersé qui cherche sa complétude sans y parvenir, pris dans le piège des désirs parentaux. Son père a rêvé pour lui d'un destin tout tracé : prendre sa suite à la tête de la bijouterie. Mais Eddie ne veut pas de cette place. Sa mère semble davantage le comprendre, elle qui aurait rêvé d'une vie plus éclatante est pétrie d'admiration pour son frère. Lui au moins a réussi, c'est un riche producteur installé à Los Angeles, et c'est lui qu'elle suppliera de prendre Eddie sous son aile pour lui trouver du travail. Elle imagine déjà son fils suivre les traces de son oncle sur la voie du succès. Eddie partira donc le rejoindre à Hollywood, il tombera amoureux, sera trahi par celle qu'il aime, avant de céder finalement à ce père qui n'aura pas démordu de le voir reprendre la bijouterie. Revenu à Brooklyn, Eddie s'enlisera bien vite dans le piège d'une vie qu'il avait tant voulu fuir...
Au fil de l'histoire sont progressivement dévoilés les secrets de famille enfouis, les frustrations et les jalousies qui enserrent les personnages et les écrasent, les ramènent à leur point de départ ou les empêchent de faire parler leurs désirs profonds, donc d'être heureux, les laissant se débattre dans des problèmes qui semblent les dépasser.
Il faudra à Eddie toute l'énergie du désespoir pour parvenir à se libérer, au détriment de ses deux parents, à qui il portera en quelque sorte un coup fatal.
La fin esquisse ainsi une mise à mort symbolique de la famille, condition sine qua non d'une libération véritable et pérenne. En ce sens Puzzle peut être véritablement perçue comme une fable psychanalytique.
Pour le reste, tous les acteurs sont épatants, Geneviève Fontanel et Michel Aumont en tête, dans le rôle des parents. La mise en scène est à la fois délicate et remarquablement ingénieuse, tous les atouts sont réunis pour passer un très bon moment de théâtre. Si, comme le répète volontiers l'oncle d'Eddie dans la pièce, la vie est faite de chemins qu'on n'a pas pris, je conseille vivement pour ma part celui qui mène au théâtre du Palais Royal.
Je tiens à préciser ici que lorsque je parle de pièce, il s'agit bien entendu de théâtre, pas de monnaie. Je précise aussi que cette pièce de Woody Allen n'était pas douce, ce n'est pas du Woody Allen de mouton. Dernière chose enfin, parce que je suis très en forme, elle n'était pas non plus mentholée : ce n'était pas de l'Allen fraîche. Voilà, c'est dit ! Vous avez exceptionnellement le droit de me jeter des tomates pourries...
Mais revenons à un peu plus de sérieux, que je plante le décor : Brooklyn dans les années 50, une mère au foyer, un père bijoutier au désespoir, essayant de redresser en vain son affaire après s'être fait arnaquer par le comptable. Et puis deux enfants : une fille instable qui erre en Europe, rêve de devenir écrivain et vole de bras en bras; un fils enfin, Eddie, qui cherche sa voie et lutte pour trouver un bonheur auquel il estime avoir droit.
Eddie est le personnage central de la pièce, il est ce puzzle incomplet ou dispersé qui cherche sa complétude sans y parvenir, pris dans le piège des désirs parentaux. Son père a rêvé pour lui d'un destin tout tracé : prendre sa suite à la tête de la bijouterie. Mais Eddie ne veut pas de cette place. Sa mère semble davantage le comprendre, elle qui aurait rêvé d'une vie plus éclatante est pétrie d'admiration pour son frère. Lui au moins a réussi, c'est un riche producteur installé à Los Angeles, et c'est lui qu'elle suppliera de prendre Eddie sous son aile pour lui trouver du travail. Elle imagine déjà son fils suivre les traces de son oncle sur la voie du succès. Eddie partira donc le rejoindre à Hollywood, il tombera amoureux, sera trahi par celle qu'il aime, avant de céder finalement à ce père qui n'aura pas démordu de le voir reprendre la bijouterie. Revenu à Brooklyn, Eddie s'enlisera bien vite dans le piège d'une vie qu'il avait tant voulu fuir...
Au fil de l'histoire sont progressivement dévoilés les secrets de famille enfouis, les frustrations et les jalousies qui enserrent les personnages et les écrasent, les ramènent à leur point de départ ou les empêchent de faire parler leurs désirs profonds, donc d'être heureux, les laissant se débattre dans des problèmes qui semblent les dépasser.
Il faudra à Eddie toute l'énergie du désespoir pour parvenir à se libérer, au détriment de ses deux parents, à qui il portera en quelque sorte un coup fatal.
La fin esquisse ainsi une mise à mort symbolique de la famille, condition sine qua non d'une libération véritable et pérenne. En ce sens Puzzle peut être véritablement perçue comme une fable psychanalytique.
Pour le reste, tous les acteurs sont épatants, Geneviève Fontanel et Michel Aumont en tête, dans le rôle des parents. La mise en scène est à la fois délicate et remarquablement ingénieuse, tous les atouts sont réunis pour passer un très bon moment de théâtre. Si, comme le répète volontiers l'oncle d'Eddie dans la pièce, la vie est faite de chemins qu'on n'a pas pris, je conseille vivement pour ma part celui qui mène au théâtre du Palais Royal.
Compagnie Sébastien Azzopardi : www.compagniesebastienazzopardi.com
Théâtre du Palais Royal : www.theatrepalaisroyal.com
Théâtre du Palais Royal : www.theatrepalaisroyal.com
par Philippe
publié dans :
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